Chacun attribue au succès et au bonheur des valeurs différentes et s'il est une phrase qui représente le déplacement des valeurs dans notre société blingblingo-matérialiste,
c'est peut-être bien celle-ci de Jacques Séguéla qui résume la réussite d'une vie à la possession d'une montre de luxe par un quinqua ... "Tout le monde a une rolex ! Si à 50 ans on n'a pas
une Rolex on a quand même raté sa vie !".
Partant de cette sortie hautement fine et intellectuelle, Yann Dall'Aglio propose une réflexion philosophique plus poussée que le théorème de Séguéla en ouvrant les portes d'une véritable réflexion sur "qu'est-ce que rater sa vie ?" mais encore est-ce grave de ne pas réussir ? La vie implique-t-elle d'être réussie du seul fait qu'elle soit unique ? Qu'est-ce que réussir ? Faut-il vouloir réussir ? Où se situe la liberté si on est dans l'obligation angoissante de réussir ? La liberté n'est-ce pas non plus le droit de rater ? Se planter n'est-il pas nécessaire pour mieux pousser ? Si la réussite ne dépend pas de biens matériels, quelle est la valeur de la vie produite ? Et la vie de traviole, n'est-elle pas une vie normale ?
Voilà autant de questions soulevées par ce professeur de philosophie qui brasse des références autant classiques, Aristote et son Ethique à Nicomaque, en passant par Rousseau et son Neveu, jusqu'à Alfred Jarry et le Collège de Pataphysique !
Ce petit condensé d'impertinence est écrit avec esprit et humour, ce qui le rend accessible à tous, même néophyte en philo. Un premier essai très réussi qui inaugure une nouvelle collection Flammarion qui donne un peu de remue-méninge.
Une rolex à 50 ans : a-t-on le droit de rater sa vie ?
Yann Dall'Aglio
Editions Flammarion. Collection "Antidote".
124 pages. 8€. ISBN : 978-2-08-126244-7
A écouter !
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Enfin à nouveau
accès à Internet, du coup plein de nouveautés à faire partager ! En premier lieu, ce documentaire qui m'a littéralement absorbé une heure de rang : L'open space m'a tuer. Ce livre-recueil de
témoignages sur l'open space explore l'univers quotidien des jeunes cadres de certaines filières : com', audit, marketing, web et média, autant de secteurs dans le vent, jouissant d'une image
forte et moderne. Moderne, oui car leur dénominateur commun est le néo-management (ou nouveau management), qui allie proximité et décontraction ! Tutoyer ses N+++ est cool, le stress positif et
les défis constructifs. Oubliés les bureaux persos mais vive la convivialité, oubliées les missions stables et bienvenue à l'ère du "mode projet" et l'accumulation d'expériences tout aussi
enrichissantes les unes que les autres (vraiment?), le temps est au travail omniprésent et omniscient avec la panoplie portable-blackberry-wifi, être hyperconnecté, toujours réactifs, c'est
bien dont rêve tous ces jeunes cadres à l'aube de la trentaine ? Pas si sûr ... A la suite d'un mail collectif envoyé par un collègue démissionnaire, mais néanmoins facétieux, sous forme de
quizz "devinez-pourquoi-je-plaque-tout-vous-ne-trouverez-pas-forcement-la-bonne-solution-mais-vous-poserez-néanmoins-des-questions-sur-votre-boulot", Alexandre des Isnards et Thomas Zuber ont
commencé à évoquer ces situations tragi-comiques du quotidien de ces jeunes cadres et a collecté des témoignages sur les abus et aberrations rencontrées. Le fruit de ce travail est rassemblé
dans cet ouvrage au nom évocateur "Lopen space m'a tuer". Passionnant à lire, car il permet de soulever une réalité méconnue ou niée sur le stress au travail, notamment chez les jeunes cadres.
Fortement orienté "à charge", il ne s'agit pas non plus d'un document de sociologie, car là n'était pas le but des auteurs, qui désiraient avant tout donner voix au chapitre à ces individus,
qui taisent souvent leurs souffrances en raison de l'incompréhension de leur entourage ("Mais tu as un métier formidable !!") et de la simple nécessité de "survivre" au travail.
de Daniel Tammet.
Comment ne pas être tout simplement bouche bée devant les talents incroyables et admiratif du parcours effectivement extraordinaire de Daniel Tammet ? Daniel est un savant mathématicien. Mais un
savant particulier car il fait partie de ces "savants autistes". Il est effectivement atteint du syndrome Asperger, trouble encore mal reconnu en France et perçu comme une forme
d'autisme particulière, tant l'individu peut avoir des difficultés à rentrer en interaction avec son entourage. Mais il se caractèrise par des capacités particulièrement
développées et souvent surprenantes dans un domaine précis, comme les sciences et l'informatique.
A l'instar de Raymond Babbitt, héros du film Rain Man de Barry Levinson, Daniel Tammet est quant à lui un mathématicien de génie. Il possède une relation particulière aux nombres. Doté
de capacités synesthésiques numériques et ordinales, il attribue aux jours et aux nombres des couleurs, des textures et des personnalités, ainsi qu'un positionnement particulier dans l'espace,
sorte de carte mentale des nombres (1). Aussi Daniel est né selon son monde sensoriel "un jour bleu", soit un mercredi.
"Je le sais parce que dans mon esprit, le 31 janvier 1979 est bleu. Les mercredis sont toujours bleus, de même que le nombre 9 ou le bruit d'une dispute." Ses facultés
intellectuelles lui permettent également d'apprendre une langue rapidement (il maîtrise près de sept langues) comme l'islandais qu'il apprit en quatre jours lors d'un séjour à Reykjavik ou
le français lrs d'un séjour d'une semaine !
Au-delà de ces talents scientifiques exceptionnels, Daniel Tammet témoigne du parcours, semé d'embûches, des individus "hors normes", comment leur intégration tend également à
s'améliorer si on prend l'émouvante évocation de son grand-père, souffrant également d'épilepsie, maladie longtemps associée à la folie voire la possession, et mis au ban de la société. Mais ce
qui est formidable et que l'on retient avant tout de cette tranche de vie qu'il nous est donné de découvrir, c'est l'extraordinaire amour de ses parents et de sa famille qui ont porté Daniel et
fait de lui un homme heureux et épanoui.
A lire absolument pour sa finesse et sa sincérité touchante.
Je suis né un jour bleu
Daniel Tammet
Editions Les Arènes
237 pages. 21€. ISBN : 2352040280
(1). La syneshèsie (du grec syn (union) et aesthesis (sensation)) est encore peu expliqué, mais ce phénomène toucherait 4% de la
population. (http://www.synesthesie.info )
A découvrir !
Son site web http://danieltammet.free.fr/
Editions Les Arènes http://www.arenes.fr/
A voir !
Les vidéos en ligne sur son site web, dont la traduction du documentaire - passionnant - suivant "The Boy with the indredible
brain", en version intégrale ci-dessous
Ces confessions parues aux éditions de la Découverte apportent un regard "de l'intérieur" sur le phénomène des gangs, puisque ce récit s'appuie sur le témoignage de Lamence
Madzou, recueilli lors d'une série d'entretien par la sociologue Marie-Hélène Bacque.
J'étais un chef de gang, suivi de Voyages dans le monde des bandes
Lamence Madzou, Marie-Hélène Bacqué
Editions de La Découverte
252 pages. 17€. ISBN : 9782707156112
A lire !
Questions / Réponses sur 20minutes.fr
Sur le blog de Christian Colbeaux
de Laurent de Cherisey, auteur de Passeurs d'Espoir.
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de Souad.
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