Littérature américaine

Vendredi 16 décembre 2011 5 16 /12 /Déc /2011 20:50
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femelles.jpgMais qui sont ces femelles ? Des femmes, âgées ou en devenir, anti-héroïnes à la dangerosité dissimulée, cachée, tapie dans l'ombre ... Des femmes dangereuses car capables de tuer.

Quand Oates quitte le roman pour la nouvelle, cela donne neuf pépites au charme glauque et fascinant. Sa verve et son style sont toujours au service d'un imaginaire affûté comme la lame d'un couteau. En quelques lignes, Oates vous balade d'un univers à l'autre, dans neuf nouvelles bâties sur le roc : intrigues solides, suspens manié de main de maître et acuité spéciale pour dépeindre les accidentés de la vie et une société américaine trouble et bien moins polissée que l'image qu'elle se prête.

Chaque nouvelle est une fenêtre sur un monde différent, dans un cadre ordinaire avec des personnalités décalées ou communes, amenées à commettre l'irréparable, que ce soit la douce épouse dévouée mais manipulée (Avec l'aide de Dieu), la petite fille délaissée jalouse de son petit frère (Banshee) ou l'étrange Poupée, une jeune lolita, prostituée par son père, (dans un secteur bien spécifique "Ne Pas Toucher") ou bien encore cette infirmière pratiquant l'euthanasie (Ange de miséricorde),  cette femme seule, élevant sa fille, à l'amant d'un soir brutal et invasif (Dis-moi que tu me pardonnes), la femme adultère liquidant son mari (Faim).  Toutes ces femmes sont peu ou prou des femmes apparemment inoffensives, jusqu'au point de rupture, atteint dans une tension grisante. Et c'est là que réside tout le génie de Joyce Carol Oates, qui montre l'inextricable chemin de ruine qu'elles empruntent, dans une suggestion par petites touches, qui ne laisse jamais l'intrigue se dévoiler totalement.

Membre de l'Académie américaine des arts et des lettres depuis 2008, professeur de littérature anglaise à Princeton, Oates est un auteur phare de la littérature américaine contemporaine.

Les Femelles
Joyce Carol Oates.
Editions Philippe Rey.
281 pages. 19,80€. ISBN :  978-2-84876-096-4

Le site des éditions Philippe Rey


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Vendredi 12 août 2011 5 12 /08 /Août /2011 15:30
- Publié dans : Littérature américaine

Christopher MacCandless est un jeune homme brillant, plein d'idéaux et promis à un avenir radieux. Ce sont ces mêmes idéaux qui vont le pousser à rompre avec un avenir tout tracé, à quitter sa famille, pour se rapprocher de son rêve, fait de dépouillement et de communion avec la nature. Prenant seul la route sous le pseudonyme d'Alexander Supertramp. Ce "voyage au bout de la solitude" est un voyage vers l'absolu. Pur et virginal, nullement entâché par l'activité, les désirs de pouvoir ou de conquête de l'homme, un monde dans lequel celui-ci évolue humblement parmi une nature sauvage et insensible.  Il traversera les Etats-Unis avant de se rendre en Alaska pour une ultime aventure, lors de laquelle il y laissera la vie.

Jon Karakauer, écrivain et journaliste au sein de la revue Outside,  revient sur le périple de MacCandless. Suite à un grand travail de recherche, il le restitue, suivant son carnet de voyage et des témoignages de personnes ayant croisé son chemin, partagée quelques moments de son existence. Ce portrait par petites touches est renforcé par des extraits de livres aimés et surlignés par MacCandless (Thoreau, Tolstoï, London, Pasternak ...) lors de son voyage, extraits qui dévoilent l'essence même de ce périple et de ses idéaux. Krakauer jette également de nombreux ponts entre sa propre expérience d'alpiniste (il gravissait avec son équipe le Mont Everest en 1996, expérience qui fut un désastre, et dont  il reviendra atteint du syndrôme des survivants, huit autres alpinistes ayant trouvé la mort)  et celle d'autres doux rêveurs, qui avant MacCandless se lancèrent dans de telles chimères.

Ce récit de voyage a été adapté par Sean Penn au cinéma en 2007. Krakauer a également écrit sur sa propre aventure au Mont Everest dans Tragédie à l'Everest.

A lire également !
Croc-blanc, Jack London
Le Bonheur conjugal, Léon Tolstoï,
L'Ouest américain comme espace vital et  Pays mormon, Wallace Stenger
Walden ou la vie dans les bois, Journal, Ktaadn, Henry David Thoreau
Les Aventures de Huckleberry Finn, Mark Twain,
La Solitude : un retour vers le soi, Anthony Storr,
A la recherche du miraculeux, Theodore Roszak,
Voyage à Chalkyitsik, Edward Hoagland,
Le Docteur Jivago, Boris Pasternak
Les Etoiles, la neige, l'eau, le feu. Vingt-cinq ans dans la solitude du Nord, John Haines
Lettre d'un homme, John Menlove Edwards
Les Montagnes de Californie, John Muir
Le Père mort, Donald Barthelme
La Nature et l'esprit américain, Roderick Nash
L'Eté de la faim, John M. Campbell
Escalades dans les Alpes, Edward Whymper

Le site officiel du film : http://www.intothewild.com/

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Samedi 18 juin 2011 6 18 /06 /Juin /2011 21:07
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9782743621827FS.gif"Lors d’une vraie nuit noire de l’âme il est toujours trois heures du matin, jour après jour."

L'effondrement est l'analyse clinique de cette nuit noire, cet envers du décor que connaît Fitzgerald après le succès, puis l'oubli et enfin les mondanités étourdissantes et destructrices.  Parues en 1936, quatre années avant sa mort, les deux nouvelles qui composent l'Effondrement, montre un Fitzgerald, hâppé par l'insomnie,  face à face avec ses remords et ses illusions perdues. Il s'agit d'un véritable trou noir qui l'engloutit inexorablement, paralysant chez lui tout instinct créatif, toute course vers le bonheur. Son sens du détail et de l'analyse est tout simplement saisissant et l'on se retrouve derrière l'universalité qu'il dépeint, celle d'un homme qui, acculé, se résigne et renonce, s'abîme dans cet effondrement ou choisit de lutter et de se détacher de ses désirs profonds.

L'Effondrement
Francis Scott Fitzgerald.
Editions Rivages & Payot. Collection "Petite Bibliothèque". Edition bilingue.
90 pages. 5€. ISBN : 978-2-7436-2182-7


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Jeudi 10 mars 2011 4 10 /03 /Mars /2011 21:20
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17795 Joyce Carol Oates a le chic pour les romans chocs et les titres qui font mouche, comme cet étonnant "Viol, une histoire d'amour", qui ne peut qu'interpeller face à la proximité incongrue de ces deux vocables : viol et amour.

Bien entendu, comme dans tout roman de Oates, vous retrouverez la pointe amère, l'esprit acide et le regard acerbe qu'elle pose sur la société américaine, et notre humanité en général. Vous n'y trouverez également aucun pathos, aucun voyeurisme, ni aucune maladresse dans le traitement de ce sujet douloureux. Ce que vous y trouverez, vous demandez ? Un roman d'une très grande force et dignité, qui raconte effectivement une histoire d'amour, celle d'une mère et de sa fille, témoin de son martyr. Car martyr il y a eu, puisque Tina est laissée pour morte après avoir été brutalisée et violée par une bande alcoolisée et hallucinée devant les yeux de Bethie, sa fille de 13 ans.  Survivante et ombre d'elle-même, Tina se reconstruit un tant soit peu comme elle peut, accompagnée de sa fille et de sa mère ... jusqu'au jour où elle recouvre la mémoire et qu'elle doit affronter l'opprobre jetée sur elle par ses bourreaux mais aussi les petits commérages du quartier, car selon eux "c'était couru. Elle le cherchait cette garce." Peut-être trop jolie, peut-être trop "libre" à reconstruire sa vie et refaire sa vie amoureuse après le décès de son mari ... peut-être simplement trop jalousée, elle va cristalliser sur elle ce que l'homme peut avoir de mesquin notamment dans les tribunaux. 

Comme pour Mère disparue, la narration suivait le point de vue de la fille, Oates adopte de temps à autre ce mode narratif qui dévoile ses pensées, ses réflexions sur l'amour maternel, ses relations avec sa mère avant mais aussi après un évènement violent (dans Mère disparue, la mère est brutalement assassinée), comment la force de la vie qui nous pousse toujours en avant et nous éloigne d'époques rétrospectives bénies et heureuses et nous amène à changer notre regard sur autrui et, le cas présent, sur ceux que nous pensions déjà connaître par coeur, mais si partiellement en tant qu'enfant, et de façon plus accomplie une fois adulte, voire adulte orphelin.

Oates demeure le témoin privilégié de ses contemporains et les portraiturent avec une finesse et une justesse quasi naturaliste. Même s'il est acquis qu'elle est un grand écrivain, pour moi, elle fait déjà partie du panthéon des écrivains américains contemporains, dont la trace et la portée feront date dans la littérature.

 

A voir !
Une avant-critique sur le blog de Pierre Assouline
La critique de Mère disparue


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Mardi 22 février 2011 2 22 /02 /Fév /2011 15:56
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787_g-a5583-1.jpg Quoi de mieux qu'un voyage entre père et fils pour se retrouver et resserrer les liens familiaux quelques peu distendus ? Et meux encore, s'il s'agissait d'une aventure extrême, comme s'installer un an dans une cabane sur une île oubliée de l'Alaska ? Cela devient tout de suite plus ambitieux et déraisonnable, mais telle est la route choisie par Jim et son ado de 13 ans, Roy. Jim, est divorcé de la mère de Ry et fraîchement séparé de son amie. Roy, est un ado "classique" soumis aux turpitudes habituelles d'un ado de son âge, mais semble plus fragile qu'il n'y paraît et très sensible aux failles et défaillances de son entourage. Un ado à fleur de peau.
C'est donc après quelques hésitations, que Roy choisit finalement de suivre son père pour cette aventure, laissant derrière lui sa mère et sa soeur, en toute conscience de ce choix, de ses origines et ses implications ; choix, qui - il le pressent déjà - bouleversera de façon irrémédiable sa vie. L'enthousiasme tout feu tout flamme de Jim n'a pas la contagion que celui-ci espérait, serait-ce car derrière cette façade d'assurance et de bonhomie, se cache finalement un homme brisé, peu assuré ? Très vite, les nuits deviennent cauchemardesques pour Roy, témoin auditif, "otage" des pensées de son père, qui se confesse littéralement à son fils, la tension est palpable, tout peut basculer, un premier incident intervient lorsque leurs victuailles sont dévorées, abîmées et déchiquetées par un ours ... ce qui ne pourrait être que le climax de cette aventure, présage un affolant tourbillon de circonstances, dont l'apogée horrifique ruinera à jamais leur vie.

La force de David Vann  est de s'emparer de l'esprit du lecteur dans ce roman qui fusionne nature writing et thriller psychologique véritablement haletant et angoissant. Le tournant inimaginable par le lecteur le fait basculer dans l'horreur : et moi à sa place qu'aurais-je fait ? Que sommes-nous pour évaluer, juger les actes d'individus poussés dans des situations extrêmes ? les paysages sont magnifiques et illustrent parfaitement cette nature que nous souhaitons ignorer : une nature rude et indifférente à l'homme rudes, qui ne lui offre aucun réconfort ni répit, une nature sur laquelle l'homme ne peut compter, qui le repousse dans ses retranchements les plus profonds, met à l'index ses failles et souffrances les plus cachées et  à laquelle seuls les esprits forts peuvent survivre.
Sukkwan Island vous interpellera et vous questionnera.

Sukkwan Island
David Vann
Editions Gallmeister. Collection Nature writing.
191 p. 21,70€. ISBN : 978-2-351-78030-5

       

A voir !


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Lundi 17 janvier 2011 1 17 /01 /Jan /2011 21:54
- Publié dans : Littérature américaine

l_piliers_de_la_terre.jpg Un homme roux est pendu, une mystérieuse femme enceinte, Ellen, aux yeux d'une clarté ensorcelante maudit les commanditaires de cette pendaison en engorgeant un coquelet dont le sang les entachent tous ... Quelques années plus tard, nous découvrons Tom, maître-bâtisseur, Agnès sa femme, leur fils, Alfred et leur fille, Martha. Leur bonheur semble parfait avec la naissance prochaine d'un troisième enfant. Or le chantier sur lequel travaille Tom prend brutalement fin, avec le refus d'une jeune héritière, Aliéna, d'épouser William Hamleigh, un jeune homme brutal et impulsif. Condamnés à errer sur les routes à la recherche de travail, la famille croisent Ellen et son fils Jack ...

Il est des livres dont la seule épaisseur peut vous impressionner, il faut dès lors sauter le pas ...  Cette fresque monumentale, issu de l'esprit fécond du maître du thriller, Ken Follett, en fait partie. Après une mise en bouche mystérieuse avec un décor planté sous couvert de malédiction et de pendaison, le rythme s'accélère pour très rarement ralentir : les intrigues et les coups de sort vont bon train et se succèdent, jusqu'à la fin ultime, où Follett arrive là où on ne l'attendait pas. Survolant près d'un demi-siècle de l'histoire de l'Angleterre, lors d'une période de troubles et d'instabilité politique. Un vrai travail de recherche historique a été réalisé par Ken Follett pour que l'environnement de ce roman historique soit le plus réel possible, et s'ancre dans une période charnière de l'Angleterre. 

L'esprit "thriller" de Ken Follett rend ce roman historique vraiment palpitant. La succession de rebondissements peut lasser par moments, mais l'ensemble de l'oeuvre est rondement mené, avec une préférence pour les trois premières parties, dont le style tout en étant agréable reste soutenu.

Un "incontournable" de la littérature contemporaine, dont la lecture est à poursuivre avec le second opus publié en 2008, "Un Monde sans fin".

 


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Dimanche 19 décembre 2010 7 19 /12 /Déc /2010 15:06
- Publié dans : Littérature américaine

9782848761695-copie-2.jpg Il est des romans qui vous laissent pantois devant leur brutalité, leur beauté, leur ignominie, leur justesse, leur caractère dérangeant. Petite soeur, mon amour est tout cela à la fois et bien d'autres choses encore. On aime, on déteste ce beau roman laid finement écrit et maladroit à la fois. Beau, car Carol Oates arrive à transcender par son esprit affûté et acéré un fait divers sordide d'un monde dans lequel les petites filles reçoivent la mort en cadeau de Noël ; laid, car aussi sordide soit l'intrigue de ce roman, elle n'en demeure pas moins inspirée d'un fait réel glauque. Car Joyce Carol Oates qui n'est pas coutumière de la facilité, s'est lancée dans la délicate entreprise de s'inspirer d'un de ces cold cases, affaire non élucidée, classée qui a défrayée la chronique américaine en 1996, et qui est à nouveau exhumée, pour dépeindre à nouveau un visage de l'Amérique contemporaine.
Plus qu'inspirée de l'affaire JonBenett Ramsey, cette mini-miss de beauté âgée de 6 ans retrouvée assassinée chez elle le jour de Noël, Joyce Carol Oates, extrêmement documentée propose une relecture mise en fiction de cette affaire, qu'elle choisit, elle, d'élucider. L'on approuvera ou non ce choix artistique, qui permet à Oates telle une question de rhétorique, de dépeindre un portrait à nouveau incisif, de la haute société américaine, celle de ces notables de ces provinces chics et riches, où la vie semble se dérouler comme un long fleuve tranquille.

Dans Petite soeur, mon amour, nous contemplons les Rampike.
Le père Bix, cadre en vue, est fortement accaparé par sa carrière qui le mène en multitude d'endroits, et avide de rentrer dans l'un de ces clubs très fermés, summum de la reconnaissance sociale.
Betsey, mère au foyer, bigote et plein de projets pour ses enfants, fut une patineuse prometteuse. Maman poule de son "petit homme" à elle, elle couve farouchement son fils, qu'elle tente d'initier en vain au patinage, avant que celui-ci ne se lance dans la gymnastique, sport qui le rendra infirme. Dès lors délaissé, Skyler, petit bonhomme de neuf ans au moment de la mort de sa soeur, et dix ans plus tard, jeune adulte désorienté, désabusé, légèrement junkie sur les bords, se cherche et narre l'histoire de sa soeur, à nous lecteurs.
Enfin Edna Louise, petite fille maladroite et rêveuse, dotée d'un talent naturel, qui lui permettra de trouver l'amour et la reconnaissance maternelle qu'elle cherchait, tant qu'elle était dans l'ombre de son frère. Rebaptisée "Bliss" dans un accès de ferveur hallucinatoire et rocambolesque par sa mère, la petite Bliss, connaitra une carrière en étoile filante, avant les premières douleurs fantômes qui révèleront un malaise plus grand de cette enfant, trop tôt mise sur le devant de la scène, telle une poupée sexy et idolâtrée, qui n'a plus d'ailleurs le temps de vivre comme une enfant de son âge, vivant en vase clos entre maman/agent, ses entraineurs et professeurs successifs...
Nous voguons donc chez les Rampike, entre passé présent, avec Skyler, qui révèle les dessous cachés de cette famille, bien sous tout rapport : le père est en fait volage et guère impliqué dans l'éducation de ses enfants, pour laquelle il donne carte blanche (où presque lorsque des questions de prestige ou d'argent interviennent) à sa femme, démesurément ambitieuse pour ses enfants, qui reporte sur eux ses propres désirs et rêves. Les enfants, adorables créatures entre les mains de leurs parents, fendent le coeur par leur clairvoyance et leur questionnement sur ce monde, entre école prestigieuse où l'on est classé par code et soumis déjà à la dure loi de la compétition, et un univers sportif intense, où pour ne pas faillir, entraînement quotidien, piqûres et médicaments en tout genre, sont la clé du succès ...
Intervient ensuite la mort de Bliss, dans des circonstances similaires, voire très fidèles à celles de JonBenet, l'enquête étonnante réalisée par-dessus la jambe, l'opprobre sur la famille, l'éclatement de celle-ci ... et la proposition de résolution de l'affaire par Carol Oates, qui peut décontenancer, tant que si bien documentée soit elle, il reste objectivement difficile d'apporter une réelle lumière sur cette affaire, à nouveau en première ligne. 

Petite soeur, mon amour est véritablement un roman complexe et obsédant, dont l'entêtant "Dessine-moi un petit coeur, Skyler" restera gravé dans votre mémoire.

Petite soeur, mon amour,
Joan Carol Oates
Editions Philippe Rey
680 p. 24€. ISBN : 978-2-84876-169-5

 

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