Après une biographie de Louis XIII, primée grand prix
du livre d'Histoire en 2009 et la parution également d'un ouvrage consacré à l'assassinat d'Henri IV, Jean-Christin Petitfils, historien spécialisé dans l'Ancien Régime, fait le point et apporte
un éclairage nouveau sur le plus grand scandale qui entâcha le règne de Louis XIV : l'Affaire des Poisons.
L'Affaire des Poisons représente trois années d'instruction, 210 séances tenues par la Chambre ardente, 319 décrets pour prise de corps, 194 personnes arrêtées, 104 jugements dont 36 condamnations à mort et de nombreuses personnes embastillées sans qu'un jugement particulier fut rendu. C'est également un véritable séisme au sein de la Cour, car nombreuses furent les personnalités de la Haute Noblesse ou de l'entourage proche du Roi, "impliquées" en réalité ou non, dans cette vaste chasse aux "sorcières".
Tout commence avec la mort d'Henriette d'Angletterre en 1670 et l'arrestation puis la condamnation à mort de la Marquise de Brinvilliers. A la mort d'Henriette, cousine de Louis XIV, épouse de Monsieur, frère du Roi, mais aussi la rumeur court à propos d'un éventuel empoisonnement. Louis craignant qu'on attende à sa personne, demande à son lieutenant de police, Gabriel Nicolas de la Reynie, d'enquêter.
Deux années se passent, et à l'occasion du décès d'un officier de cavalerie, une étrange cassette réapparaît, cassette contenant des pièces compromettant la Marquise de Brinvilliers, une jeune femme de bonne famille - son père est conseiller d'Etat - marié à un membre de la famille Gobelin. Parmi les pièces accablantes se trouve une liasse de courriers, prouvant que la Brinvilliers avec la complicité de son amant a empoisonné, père, frères et tenta également de supprimer mari et enfants. Ce scandale éclate et annonce un second plus grand encore : celui des "Poisons", dont l'usage serait très répandu à la cour, notamment la "Poudre de succession" qui comme son nom l'indique aide certaines femmes à se défaire des liens sacrées d'un mariage très souvent conclu dans la raison et les intérêts des familles ainsi réunies... Devineresses, empoisonneurs (nombreux étaient les pairs de La Voisin), et noblesse se trouvent au sein d'un vaste réseau du crime touchant jusqu'au coeur même du Roi avec de nombreuses accusations portées à l'encontre de la favorite en titre, Madame de Montespan.
Jean-Christian Petitfils retrace avec fluidité et simplicité, la progression de l'enquête menée par La Reynie, décortique témoignages et indices éclairant cette sinistre affaire. Son étude apporte un oeil nouveau en montrant certains faits troublants jusque-là inexploités, et avance également une nouvelle piste possible, dédouanant en partie Madame de Montespan : l'usurpation d'identité par une de ses dames de compagnie, Mademoiselle des Oeillets, maîtresse éconduite du Roi, dont elle eut un enfant.
Ce récit historique est accessible à tous par son style et l'approche pédagogique de Petitfils, tant par son écriture que l'organisation de sa pensée. Idéal pour découvrir cette affaire, très utile également pour la revisiter si vous la connaissez déjà.
Si la satire et la caricature illustrent avec férocité les chroniques sociales et politiques depuis les premières gravures médiévales jusqu'à nos jours, elles
s'entichent particulièrement des institutions, de la Haute-Société et des "grands" de ce monde, même si tout le monde y passe. Tel est le lot de la caricature sociale. Le trait charge
littéralement ou se veut amical mais fait mouche et égratigne.
A chacun son style, mais certains ont marqué une véritable empreinte dans cet art à toute fin utile : Philipon, Tim, Grandjouan, Gill, Caran d'Ache, Granville, Monnier, Cham, Forain et celui qui
demeure le maître français, Daumier.
- Quand le crayon attaque, images satiriques et opinion publique en France 1814-1918
Réalisé à l'occasion du 10ème anniversaire des Rendez-vous de l'Histoire, il témoigne de l'extraordinaire foisonnement dont a fait preuve l'image satirique en France et qui constitue le Fonds Villette de la Bibliothèque Abbé-Grégoire de Blois. On y retrouve les publications de l'époque désormais célèbres comme Charivari, La Foudre, Le Nain Jaune, Le Rire, L'Assiette au Beurre et Le Canard Enchaîné, qui brossent tour à tour des évènements comme les abdications de Napoléon 1er et de Louis-Philippe, l'Attentat de Fieschi, la Guerre contre la Prusse de 1870 et le Boulangisme, les affaires Dreyfus et le Procès Esterhazy ... et la comédie humaine ! (© Louis-Philippe par Daumier. Illustration libre de droits.)
Autre temps, autres lieux, l'âme russe a aussi l'humour corrosif, même au Politburo. En effet, ces dessins ont été griffonnés lors des séances de réunion de l'instance Suprême de l'URSS. D'abord portraits puis critiques caustiques, ces "minutes" de réunion finirent par faire tomber des têtes, au sens figuré ... et au sens propre, lors des Procès de Moscou.
Alexandre Vatline est docteur en histoire et concentre ses recherches sur la répression en URSS, vaste sujet s'il en est. Quant à Larissa Malachenko, elle travaille aux Archives nationales russes d'histoire sociale et politique, ex-Archives du Parti communiste soviétique.
Quand le crayon attaque : images satiriques et opinion publique en France (1814-1918)
Michel Dixmier
Editions Autrement
175 pages.25€. ISBN : 978-2-7467-1052-8
Dessine-moi un Bolchevik
Alexandre Vatline, Larissa Malachenko
Edition Tallandier
223 pages. 32€. ISBN : 978-2-84734-338-0
Envie d'un week-end culture en région Centre ? Découvrez les Rendez-vous de l'Histoire, qui ont lieu chaque année à Blois, et cette année du 8 au 11
octobre.
Le Festival "Les Rendez-vous de l'Histoire" proposent à la fois un salon du livre d'histoire, des débats et des conférences, mais
également un cycle cinéma , des cafés historiques , des expositions, des spectacles.

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