Samedi 4 octobre 2008
- Publié dans : Littérature

de Muriel Barbery

Je suis toujours dubitative face aux engouements universels. Face au phénomène 2007 qu'a représenté l'"Elégance du Hérisson", bombardé de prix l'année passée, il en est de même.

Ce roman nous plonge dans l'univers atypique d'une concierge de la rue Grenelle, bien évidemment "petite, laide, grassouillette", comme se doit être - paraît-il ! -  toute concierge digne de ce nom. Celle-ci, ignorée et méprisée, ignore et méprise également à son tour et c'est semble-t-il bien légitime. Se gardant de régenter cet immeuble aux habitants bourgeois, elle endosse et joue son "rôle" de concierge avec scrupule et perfection ... dissimulant dans les moindres détails sa "véritable" nature : loin d'être un être de peu d'intérêt et de peu d'éducation, celle-ci nourrit une égale passion pour la peinture flamande, le cinéma japonais ou Tolstoï ...  Tout semble aller pour le meilleur des mondes, où tous semblent s'ignorer et se mépriser cordialement, jusqu'à ce qu'un nouveau locataire et une petite fille suicidaire se lient d'une profonde amitié avec cette concierge atypique.

Telle une conversation au long cours avec le lecteur, la concierge Renée se livre dans une sorte de monologue intérieur, ainsi que Paloma, la petite fille riche suicidaire, un brin arrogante également, bien sûre d'elle et vaniteuse à souhait, qui compte laisser en guise de legs son "Journal du mouvement du monde" et sa somme de "Pensées profondes", rien que ça ... Après une première partie, qui se met en place en douceur, chacune se livrant, lentement, dans un autoportrait aux touches "impressionnistes", le roman prend un nouveau souffle, plus rythmé. Si la plume de Muriel Barbery est maîtrisée, celle-ci s'offre quelques gourmandises (coquetteries ?) littéraires, mais l'indigestion guette. L'ensemble manque de teneur et de légèreté, l'écriture reste inégale basculant et bousculant le lecteur dans un méli-mélo de mots inusités - et pour cause - et de tournures alambiquées. Les portraits, au lieu de dénoncer ces stéréotypes clairement, forcent malheureusement le trait, ne s'avèrent guère convaincants et échouent à accomplir leur mission : car c'est bien cela la difficulté, à vouloir faire de cette madame Renée, un être d'exception, les concierges n'en sont que d'autant plus brocardées. Quant aux autres personnages, ils ne s'en tirent guère mieux et récoltent le même traitement manichéen : arrogance des bourgeois-riches-éduqués et haine-des-pauvres-incultes. Il est dès lors difficile de s'attacher à Renée et Paloma, dont on retient avant tout leur aigreur et leur suffisante conviction en leur supériorité ...  L'Elégance nous offre quelques - belles mais peut-être trop convenues - reflexions sur la Beauté dans l'art et dans la vie, malgré une fin à la dérobade et un peu faible.  Une lecture qui, pour ma part, a demandé beaucoup de persévérance, et pour laquelle je retiens, quelques brefs éclats, trop rares pour m'épargner un sentiment de labeur.


Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Prenez votre temps et lisez


Bibliothécaire, je vous propose de découvrir mes coups de coeur lecture, mais également des auteurs et artistes connus et méconnus. Les petites maisons d'édition et les maisons d'édition spécialisées seront bientôt à l'honneur. Je vous souhaite de trouver ici de nombreuses et agréables découvertes pour agrémenter vos loisirs ! lireecoutervoir[at]yahoo.fr

Où est-ce ?

Juke-Box


free music

Le nez dedans




 

Marque-pages

A propos ...

Droits d'auteur

Blog sous contrat Creative CommonsCreative Commons License




J'y suis référencée

Je contribue à Critico-Blog


Je participe
Revue In-Fusion
Culturopoing




Je soutiens ces programmes.
Nethique.info






Gardez le contact :

 Abonnez-vous au flux RSS pour une veille en temps réelle !
Optez également pour la newsletter !
Pour recommander Lire Ecouter Voir, cliquez ici


A bientôt sur Lire Ecouter Voir !
web blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus