« La pierre t'écoute, éponge tous tes mots, tes secrets, jusqu'à ce qu'un beau jour elle éclate. […] Et ce jour-là, tu es délivré de toutes tes souffrances, de toutes tes peines. »
Goncourt 2008, Singué Sabour du poète Afghan Atiq Rahimi, dépasse les frontières, lève sa voix contre les guerres et barbaries en tout genre, qui mettent en deuil et dévastent son pays, et bien d'autres nations.
Dans ce huis-clos, nous sommes dans une chambre bleue, vide de tout meuble, excepté un portrait d'un homme jeune qui orne un des murs. Un matelas est sur le sol, sur lequel gît un homme, cet homme du portrait, plus vieux, ni vraiment vivant, ni tout à fait mort, dans un coma au rictus figé, relié à la vie par une simple perfusion d'eau salée-sucrée. Une femme est à ses côtés, et prie constamment. Elle le soigne, le caresse, prie et cale sa respiration sur celle de son mari.
En-dehors de la pièce les enfants jouent ou cherchent à rentrer; en dehors, c'est le chaos, la guerre, tantôt latente, tantôt virulente. La femme fait tout ce que le Mollah lui dit, prier les 99 noms d'Allahs pendant 99 jours, un par jour ... Cela a débuté, il y a seize jours. Seize jours de prière intense, et rien ne semble indiqué un mieux dans l'état de ce soldat, au rictus figé, aux yeux ouverts et secs. Rien ne semble changer, sauf dans le coeur et l'esprit de cette femme ... 16 jours et petit à petit, celle-ci se libère et se livre à son mari, dans un flot de paroles de plus en plus dense et de plus en plus grave, le bilan d'un mariage forcé et d'une union sans amour, ni tendresse, des rêves inassouvis, sur fonds de perpétuelles guerres fratricides.
Dans ce conte métaphorique, Rahimi rapporte la douleur universelle de la guerre et des luttes fratricides interminables qui rongent des pays entiers. Il donne surtout voix au chapitre à ses femmes "d'Afghanistan ou ailleurs" si peu libre de leur choix, cohorte dont la révolte est tue par une violence sourde quotidienne. Les phrases courtes, la rythmique des mots, donne une musicalité toute particulière au récit, dont la teneur et la force s'amplifient au fur et à mesure que cette femme ose élever la voix.
Atiq Rahimi, est réalisateur et poète afghan. Syngué Sabour est son premier roman en français.
Singué sabour (Pierre de Patience).
Atiq Rahimi.
Editions POL.
150 pages. 12€. ISBN : 978-2-84682-394-4
C'est une belle nuit de mai 1988. Marie, 25 ans, rencontre le séduisant Pablo au
cours d'une soirée où l'on arrose son embauche et son premier vrai job, dans une société de production de TV. Ils tombent sous le charme l'un et l'autre et passe le nuit ensemble.
L'on oublie trop souvent que la rencontre
avec l'art est une chose simple, une expérience avant tout sensorielle, incarnée, unique et personnelle, accessible de fait et par nature, à tout à chacun, au-delà des connaissances purement
intellectuelles. Bien entendu, avoir des clés de compréhension ou de lecture, permettent d'avoir un autre regard sur l'oeuvre et son discours, mais ce premier niveau de réception "je vois,
j'expérimente corporellement, sensoriellement" est la clé de voûte de cette rencontre, ce premier pas qui donnera l'envie et le goût d'approfondir (ou pas) cette expérience artistique.
Quelque part, deux oisillons
éclosent de leur oeuf. L'un à l'appétit féroce, prive son comparse de nourriture, tant est si bien que Mangetout occupe bientôt toute la place dans le nid. Bientôt, les deux oiseaux sont prêts
pour le grand saut, l'un trop gros, l'autre trop frêle ... Ce drame de la cohabitation va-t-il faire d'un chat et d'un rapace les deux heureux de cette histoire ?
Après tant de fois, où la trilogie m'est passée dans les mains, il fallait bien que je la lise tout de même !









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