Récit de voyage au Vietnam.
de Jean-Luc Coatelem.
A travers ce livre de route, Jean-Luc Coatelem, écrivain et journaliste à Géo, nous invite à le suivre lors d'un voyage aux allures de pélerinage, sur les traces de son grand-père,
Camille, officier de l'Empire Français, dans l'Indochine des années 20. Nous sommes en 1990 et désormais, les voitures de grande remise ont cédé la place aux scooters et autres tuk-tuk,
l'Impérialisme au communisme, puis à un capitalisme agressif où tout est marchandise dans ce pays encore fragilisé par son Histoire mouvementée. Coatelem alterne adroitement, par un
effet miroir incisif, une peinture du Saïgon communiste qui "défie la morale socialiste" et extraits de livres contemporains à son grand-père (Cochinchine de Léon Werth, textes
du Comité du Tourisme colonial ...) Ce récit entraînant se lit avec plaisir - et bien rapidement ! - servi par une plume alerte.
Une critique détaillée est à paraître dans la revue In-Fusion N°3 consacrée au voyage.
Extrait :
"Difficile de voyager avec des livres. Certains pèsent aussitôt, d'autres s'égarent, tous s'écornent et s'abîment. La plupart du temps, l'énergie même manque pour
les lire : franchi quelques centaines de kilomètres, une poignée de méridiens, le volume convoité se métamorphose en vilain petit canard ; l'auteur choyé tombe son masque, il devient affreux
rabat-joie emporté par erreur, un intrus dans vos tropiques ... Rien, aucune ligne, pas même un frisson d'envie, tristes victimes du décalage. Les belles fictions se fanent, fresques antiques
bues par une lumière nouvelle, comme dans le film de Fellini ... J'ouvrais plutôt mes fenêtres sur le Tibre, le Tage ou la mer d'Oman pour admirer les reflets de l'eau sous le ciel. Et je humais
le soleil, les yeux clos, vrai lézard, ivre de réverbération, comblé d'une joie lente animale, sans nom. La littérature ne me concernait plus, j'avais enfin le monde en direct : nul besoin du
philtre des mots imprimés ..."
Suite indochinoise
Jean-Luc Coatelem
Editions de la Table Ronde -
Collection La Petite Vermillon
184 pages. 7€. ISBN : 978-2-703-3052-3
de François Simon.
Son excellent blog qui décortique avec humour l'actu culinaire (à suivre de près les catégories "Mes Tables du moment" et
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de Florence
Noiville
« Enfance / Insouciance. Rime pauvre et paresseuse. Calamiteuse. »
Cette autopsie d'une relation mère-fille évoque le pesanteur des secrets de famille pour une (trop) petite fille, face à l'opacité du monde des adultes. A l'occasion de cette donation, l'auteur revient sur sa jeunesse avec une mère maniaco-dépressive, à une époque, où cette maladie n'était pas encore reconnue comme une maladie, mais perçue comme un tempérament extravagant. Incompréhension de la mise à l'écart et douleurs du passé se font plus vives en se penchant sur l'après-parents. Se confronter à la mort a un pouvoir réfléchissant duel. Dans un jeu de miroir, Florence Noiville est amenée à examiner sa vie et ses relations avec ses parents. Sa vie telle qu'elle est, telle qu'elle était, telle qu'elle était rêvée. Toutes ces « vies » ont un dénominateur commun, une seule et même source, une origine et un commencement : la naissance et la jeunesse. C'est le chemin qui mène Florence Noiville à analyser cette donation : il ne s'agit pas d'un simple transfert de propriété (de nue-propriété symbole de dépouillement et d'un entre-deux). Non. Cette donation matérielle révèle au grand jour, une autre donation impalpable, inchiffrable et non-monétaire : celle de l'éducation et de l'amour, de nos forces et de nos faiblesses, ce qui fait la richesse et l'unicité de chacun. Mais au-delà, en filigrane, elle nous pose cette question : et si notre vie était conditionnée par quelques héritages hors de notre contrôle ? N-at-elle pas mené sa vie, en fonction de cette épreuve ? Y-at-il réellement des familles « maudites » dont les blessures suivent et poursuivent les générations ? Peut-on recevoir les maladies de l'âme en héritage ?
Mais La Donation nous conte également une histoire d'amour. Celle de la narratrice avec ses parents. Comme toute histoire d'amour, celle-ci n'est pas dénuée de conflits, d'incompréhension mais aussi de passion (ibid de souffrances) , quand imperceptiblement ou brutalement nous quittons l'enfance :
« Nous sommes tous orphelins. Notre soif de consolation est inépuisable. J'avais dix ans quand j'ai perdu mes parents. Tous les deux sont en pleine forme aujourd'hui, mais je ne cesse de remuer ciel et terre pour retrouver quelque chose de la vie d'avant. Quoi, je ne saurais le dire exactement. Je cherche le sol primitif. Une trace d'avant le vacillement du monde. »
Chaque enfant est marqué par une pierre, petit caillou ou gros rocher, contre lequel il trébuche et qui marque la fin de son « innocence » , telle une initiation, lors de laquelle les masques tombent. La Donation évoque également ces souvenirs vifs ou pauvres, difficilement appréciables par leur éloignement dans le temps et notre « habit » d'adulte.
« Tout tournait autour. La donation ou plutôt le don. Avec toutes ses variations : l'abandon, le don, le pardon. »
Journaliste et rédactrice en chef du Monde des Livres,Florence Noiville signe ici son premier roman, après un passage prolifique en littérature jeunesse et une biographie d'Isaac B.Singer. Elle écrit également sous son nom d'épouse, Florence Hirsch, sous lequel elle a publié le merveilleux roman jeunesse, Je Cherche Les Clés du Paradis, qui évoque le deuil et la perte et fait écho à la Donation.
La Donation
Florence Noiville
Edition Stock
126 pages. 13€. ISBN : 978-2-234-05903-0
Ensemble de critiques consacrée à l'enfance dans la littérature à paraître dans la revue In-Fusion, n°2 "l'enfance".
Diffusion et distribuion : Editions du Jasmin (www.editions-du-jasmin.com). Tél : 01.41.27.04.48 / Fax : 01.42.70.11.59
Lire est certes un loisir, mais un loisir formateur, qui peut modeler, malmener ou guider le lecteur.
Un sondage TNS-Sofres de 2004 révèle que de nombreux lecteurs ont un « livre fondateur ». Pour 47% d'entre eux, celui-ci leur donne le goût d'un auteur, d'un genre littéraire ; pour 37%, il leur permet de découvrir ou de comprendre certaines choses sur le monde ou leur donne le goût de la lecture (36%) et leur fait aimer les livres (28%). Enfin 24% des lecteurs avouent qu'il influence leurs croyances, leurs idées et leurs valeurs.
Il est assez étonnant de constater dès lors que dans 50% des cas, le livre préféré a été acheté (offet pour 18% des lecteurs et prêté dans 11% des cas). Et enfin ce livre n'a fait l'objet d'une lecture imposée par l'école que dans 10% des cas.
Parmi le "Top 10" :
1 : " La Bible " ex aequo avec " Les Misérables " de Victor Hugo
3 : " Le Petit Prince " d'Antoine de St Exupéry
4 : " Germinal " d'Emile Zola
5 : " Le Seigneur des Anneaux " de JRR Tolkien
6 : " Le Rouge et le Noir " de Stendhal
7 : " Le Grand Meaulnes " d'Alain Fournier
8 : " Vingt mille lieues sous les mers " de Jules Verne
9 : " Jamais sans ma fille " de Betty Mahmoody, " Les Trois Mousquetaires " d'Alexandre Dumas, " La Gloire de mon père " de Marcel Pagnol,
" Le Journal d'Anne Frank "
Lire n'est pas un acte anodin. Ouvrir un livre, c'est une ouverture de soi, qui peut avoir un impact. En effet, un lien intime se noue entre l'objet, l'auteur et le lecteur, et ce dès les
premières pages. Ainsi nous acceptons de « s'abandonner » à ces écrits et d''être transformé par ceux-ci. Aussi ce souvenir de lecture, s'il a un fort impact, se traduira de manière
affective – le livre tant apprécié deviendra le « livre préféré », où pourra même lui accorder une place de choix s'il devient « de chevet » ou nous nous exclamerons que
nous avons « détesté » ce livre, et le metterons au ban de nos bibliothèques ... Drôle de sort.
Lire est un plaisir « léger » dirons certains mais c'est faire peu de ces livres qui ont scellé de grandes vocations, notamment littéraires ? Non, il ne faut pas faire peu de cas de ses lectures et encore moins négliger celle de la jeunesse, mais au contraire guider celle-ci. Susciter en elle un goût pour celle-ci, piquer sa curiosité, car après tout ce qui aménera cet enfant vers d'autres lectures sera cette curiosité, cette graine qui aura germée dans son esprit ...
L'étude complète est accessible en cliquant sur ce lien
de Gilles Perrault
de Michel Quint.
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