Attention petit bijou ! Simonetta Greggio vous emmène à la Louvière, maison retirée où le plus proche voisinage se situe à trois kilomètres. Demeure d'un ermite ? Oui, au féminin. Emma est vétérinaire de campagne. Sa vocation est née tôt, âgée alors de dix ans, ne supportant pas l'intolérable souffrance, et le choix
de son installation a été la pierre angulaire d'un changement de vie radical, lié également à une profonde blessure. On y devine un chagrin d'amour, et cela se confirme avec la mise en place
d'une double intrigue, mêlant passé et présent, car celui-ci ne peut être compris à l'aulne de ces évènements.
La critique de Marie-Dominique Godfard sur Bibliobs
Cette question lancinante, Jean-Louis Fournier l'aura entendu maintes fois. Nul besoin ou presque d'y apporter une réponse, car Thomas ne la
retiendra pas. Thomas, ainsi que son frère Mathieu sont tous deux handicapés. Fortement handicapés, à près de 80%. Jean-Louis Fournier restitue ici, ce qu'est
et a été la vie de famille avec ses deux petits : douleur de la découverte du handicap, douleur de les voir demeurer dans leur monde, alors que les enfants des amis, de plus en plus rares,
grandissent et se posent des questions de la vie de tous les jours. Ces questions-là sont épargnés à Mathieu et à Thomas, pas forcément à leurs parents, qui vivent chaque jour comme il se présente.
Entre (sou)rires et tristesse, mais avec une immense tendresse et un amour merveilleux, Jean-Louis Fournier vous font rencontrer Mathieu et Thomas, dont comme beaucoup d'autres enfants on ne parle
pas, comme si l'handicap serait contagieux. Cette lecture vous désarçonnera, vous fera prendre conscience de la souffrance de l'handicap mais aussi courage immense de ces parents, qui saisissent
également les moments de joie et subliment ou dédramatisent les difficultés grâce à l'amour et l'humour.
Pour les parents, en recherche d'aide, la liste de diffusion Aide et entraide de parents d'enfants
handicapés
Pierre Assouline nous convie à un diner chic dans une famille bourgeoise parisienne. Dîner d'affaires, dîner d'intérêt mais surtout grand exercice de style, auquel se livre avec
une célérité maximale, Sophie du Vivier, experte en l'art de réception et dont les tablées sont les plus renommées du tout-Paris. Quatorze convives doivent se réunir ce soir, certains "de marque"
(avocat, académicien ...), d'autres "accessoires" comme leurs épouses. Ils vont se livrer à une véritable tragi-comédie sociale, dans laquelle chacun devrait tenir son rôle, ni plus, ni moins ...
devrait, car le désistement imprévu d'un convive, va bousculer tous les plans (et de table), de Sophie du Vivier, qui n'a d'autres choix alors, que de convier Sonia, sa domestique qui arrivera
tel un graine de sable dans cette belle mécanique.
Ces Invités offrent un spectacle détonnant et tristement comique devant leurs certitudes. Assouline étonne et réglae le lecteur avec un style léger et plein de dérision. Assouline explore avec le souci du détail d'un entomologiste les moeurs et le savoir-vivre particulier de ce microcosme. Le personnage de Sonia, apporte son grain de sel, légèrement sans pertes et fracas finalement, mais remet quelques pendules à l'heure, notamment sur la beurgeoisie (et oui, Sonia est une jeune femme arabe, thésarde de surcroît !). Un dîner terrible à lire, et auquel on voudrait absolument échapper dans la réalité !
Les Invités
Pierre Assouline.
Editions Gallimard.
207 pages. 17.90€. ISBN : 2-07-0784425-7.
Vous êtes à la recherche d'un roman surprenant et rafraîchissant ? N'hésitez pas alors à vous plonger dans Victor de Michèle Fitoussi ! Originalité et humour sont au
rendez-vous dans cet ouvrage dont le personnage principal éponnyme est un vieil original, d'une culture sans faille, laissé seul à son triste sort dans un logement miteux. Victor, 80 ans,
a-t-il encore toute sa tête pour vouloir rester dans un tel lieu sa santé déclinant ? Il a, en tout cas, suffisamment d'esprit et de charme, pour se faire apprécier de sa jeune voisine, Alice,
journaliste en herbe.
Mon Dieu,
quelle déception ! Autant j'avais apprécié l'originalité et le verbe de Teulé dans son inarrable Magasin des Suicides, que ce Montespan m'a fortement ennuyé. Et pourtant, le
sujet était croustillant et la plume de Teulé semblait adéquate ... Lous-Henri de Pardaillan de Gondrin, rencontre à la faveur d'un duel funeste, Françoise de Rocherchouart de Mortemart. Ce coup
de foudre réciproque se conclut par des noces aussi rapides que passionnées. Les Montespan vont vivre chichement, chacun étant un grand passionné des jeux d'argent et des plaisirs de la société.
Seulement nul de peut vivre d'amour et d'eau fraîche indéfininement, aussi pour satisfaire les goûts quelques peu luxueux de sa femme, l'époux dévoué prend charge militaire, car diriger une
troupe amènerait un peu de gloire à ce noble crotté et réhabiliterait sa famille en disgrâce aux yeux du Roi.
de Muriel Barbery
Je suis toujours dubitative face aux engouements universels. Face au phénomène 2007 qu'a représenté l'"Elégance du Hérisson", bombardé de prix l'année passée, il en est de même.
Ce roman nous plonge dans l'univers atypique d'une concierge de la rue Grenelle, bien évidemment "petite, laide, grassouillette", comme se doit être - paraît-il ! - toute concierge
digne de ce nom. Celle-ci, ignorée et méprisée, ignore et méprise également à son tour et c'est semble-t-il bien légitime. Se gardant de régenter cet immeuble aux habitants bourgeois,
elle endosse et joue son "rôle" de concierge avec scrupule et perfection ... dissimulant dans les moindres détails sa "véritable" nature : loin d'être un être de peu d'intérêt et
de peu d'éducation, celle-ci nourrit une égale passion pour la peinture flamande, le cinéma japonais ou Tolstoï ... Tout semble aller pour le meilleur des mondes, où tous semblent
s'ignorer et se mépriser cordialement, jusqu'à ce qu'un nouveau locataire et une petite fille suicidaire se lient d'une profonde amitié avec cette concierge atypique.
Telle une conversation au long cours avec le lecteur, la concierge Renée se livre dans une sorte de monologue intérieur, ainsi que Paloma, la petite fille riche suicidaire, un brin
arrogante également, bien sûre d'elle et vaniteuse à souhait, qui compte laisser en guise de legs son "Journal du mouvement du monde" et sa somme de "Pensées profondes", rien que ça ... Après une
première partie, qui se met en place en douceur, chacune se livrant, lentement, dans un autoportrait aux touches "impressionnistes", le roman prend un nouveau souffle, plus rythmé. Si la
plume de Muriel Barbery est maîtrisée, celle-ci s'offre quelques gourmandises (coquetteries ?) littéraires, mais l'indigestion guette. L'ensemble manque de teneur et de légèreté, l'écriture
reste inégale basculant et bousculant le lecteur dans un méli-mélo de mots inusités - et pour cause - et de tournures alambiquées. Les portraits, au lieu de dénoncer ces stéréotypes
clairement, forcent malheureusement le trait, ne s'avèrent guère convaincants et échouent à accomplir leur mission : car c'est bien cela la difficulté, à vouloir faire de cette
madame Renée, un être d'exception, les concierges n'en sont que d'autant plus brocardées. Quant aux autres personnages, ils ne s'en tirent guère mieux et récoltent le même
traitement manichéen : arrogance des bourgeois-riches-éduqués et haine-des-pauvres-incultes. Il est dès lors difficile de s'attacher à Renée et Paloma, dont on retient avant tout leur aigreur et
leur suffisante conviction en leur supériorité ... L'Elégance nous offre quelques - belles mais peut-être trop convenues - reflexions sur la Beauté dans l'art et dans la vie,
malgré une fin à la dérobade et un peu faible. Une lecture qui, pour ma part, a demandé beaucoup de persévérance, et pour laquelle je retiens, quelques brefs éclats, trop rares pour
m'épargner un sentiment de labeur.
Difficile exercice que d'écrire un récit de voyage. Encore plus difficile lorsqu'il s'agit d'éviter les
poncifs habituels. Ici celui du finistérien Hervé Bellec est irrésistible par son humour truculent et la vivacité de sa plume, menant son récit à bon train ... de Brest à Vladivostok, via
Paris et Moscou, of course.
Le site des éditions Géorama : http://www.georama.fr/
Le site de Hervé Bellec : http://myspace.keonnected.com/mbellec/fr/index.html
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